SACHSENHAUSEN
En 1937-1938 à Sachsenhausen se trouvaient déjà, en très grand nombre des éléments dits antisociaux, comme les homosexuels, les Témoins de Jéhovah et les criminels invétérés.
Voulant intimider les Témoins, le commandant du camp de Sachsenhausen a ordonné l’exécution d’August Dickmann, un jeune Témoin, en présence de tous les prisonniers, les Témoins de Jéhovah étant aux premiers rangs, là où l’exécution les marquerait le plus.
Après l’exécution, les prisonniers ont été renvoyés dans leurs quartiers, sauf les Témoins.
Avec beaucoup d’insistance, le commandant leur a demandé: ‘Qui est prêt maintenant à signer la déclaration?’ — une déclaration par laquelle un Témoin aurait renoncé à sa foi et aurait montré qu’il était disposé à devenir soldat.
Aucun des plus de 400 Témoins n’a répondu.
Puis deux d’entre eux se sont avancés! Mais pas pour signer: pour demander l’annulation de la signature qu’ils avaient donnée environ un an auparavant.
Très souvent, on complétait ces séances “d’initiation” avec d’autres tortures, selon ce que révèle un rapporte:
"On m’emmena ensuite au camp de concentration de Sachsenhausen, près de Berlin (...).
Après l’accueil, il fallut rester plusieurs heures à genoux en faisant le salut des Saxons (les mains nouées sur la nuque).
Au camp, on nous fit passer à la douche, ou plus exactement, à l’aide de tuyaux, on dirigea alternativement sur nous un jet d’eau chaude puis d’eau froide.
Après la douche, il fallut faire du sport; bien entendu, il ne s’agissait pas de sport au vrai sens du terme.
Le mot meurtre convient mieux, car nombre de prisonniers souffrant de troubles cardiaques restèrent étendus sur le sol, morts.
Trois SS ordonnaient: “Debout, couchés, roulez!”, jusqu’à ce que nous vomissions; tout cela sur un sol couvert de scories.
Imaginez-vous en train de faire un tel sport pendant une heure et parfois plus, puis être obligé de rester debout pendant des heures pour l’appel, et cela par tous les temps et sans être autorisé à quitter les rangs.
La marche de la mort :
Ce qu’ont réalisé 230 Témoins rescapés de l’infâme camp de concentration de Sachsenhausen et de la terrible marche de la mort à la fin de la Seconde Guerre mondiale est particulièrement révélateur.
Au cours de cette marche, des milliers de prisonniers sont morts de froid, de maladie, de faim, ou exécutés au bord de la route par les gardes SS.
Les 230 Témoins présents au départ ont tous survécu.
Ils y sont arrivés en restant proches les uns des autres et en s’entraidant au péril de leur vie.
Les camps de concentration