extrait du livre "Les mains du miracle".

 

Parce qu'ils [les Témoins de Jéhovah] disaient que la guerre était un fléau et qu'ils proclamaient que Dieu, pour eux, passait avant Hitler, ils furent saisis, enfermés dans des camps de concentration et soumis à un traitement particulièrement inhumain.

Kersten en fut averti et résolut de les aider autant qu'il le pourrait. [...]

Le docteur demanda à Himmler d'autres Témoins de Jéhovah pour Hartzwalde.

Il en eut ainsi trente, dont plusieurs hommes.

Ces gens décharnés, déguenillés, couverts de plaies, zébrés de coups de cravache, se jetaient sur la Bible, le pain et le travail avec une ardeur mystique. [...]

Ce qui comptait beaucoup plus pour le docteur, c'était le dévouement que lui montraient les Témoins de Jéhovah et leur hostilité organique au régime nazi.

Ils formaient autour du docteur un seul bloc, une seule famille en qui il pouvait avoir une confiance absolue.

Témoignages

 

Geneviève DeGaulle Anthonioz

Léon Blum

Joseph Kessel

Bruno Bettelheim

Jorge Semprun

Primo Levi

Rudolf Hoess

Joseph  Kessel

 

Né de parents russes en 1898 à Clara (Argentine), Joseph Kessel vit d'abord en Russie, puis à l'âge de dix ans vient en France et commence à Nice des études qu'il achève à Paris. Il devient acteur et ensuite rédacteur au Journal des débats en 1915. En 1916, il s'engage dans l'aviation où il sert brillamment.

Démobilisé, il poursuit une carrière de reporter international et de romancier: son premier roman, L'Equipage (1923), est nourri de ses souvenirs de vols de guerre; les ouvrages suivants le seront de ses expériences de journaliste et de grand voyageur tels que Nuits de princes (1928), Vent de sable, Fortune carrée (1929), etc.

Engagé dans la Résistance et officier dans l'aviation des Forces Françaises Libres pendant la seconde guerre mondiale, il reprend ensuite son métier de reporter et d'écrivain et publie entre autres L'Armée des ombres (1945), Le Tour du Malheur (1950), Le Lion (1958), Tous n'étaient pas des anges (1963), Les Cavaliers (1967). Lauréat du Grand Prix de l'Académie française en 1957, du Prix des Ambassadeurs en 1958 et du Grand Prix de Monaco en 1959, Joseph Kessel a été élu à l'Académie française en 1962.